Ça les perdra…

Bonheur, échange, partage.
Ouais, on pourrait juste parler de ça aujourd’hui.
C’est quand même ce qu’il y a de plus humain, de plus simple, de plus noble, de plus évident, de plus accessible, même en temps de crise – surtout en temps de crise ?
Les sourires lavande et les yeux champagne des vieilles dames à qui je lis du Buzzati ou du Maupassant le mercredi ; Guy, qui prend bien soin de demander à chacun s’il a besoin de quelque chose quand il prend la voiture pour aller en ville ; Marc, qui emmène toute l’équipe à la compétition de squash et qui refuse qu’on participe, parce qu’il estime qu’il a plus les moyens que nous (mais il ne le dira pas ainsi, bien sûr) ; le « merci » du mec que tu aides à désincarcérer son scooter d’entre deux autres sur le parking de la gare d’Austerlitz ; le petit message de félicitation dans ta boîte mail.
Petits gestes, attentions, écoute.

Bonheur, échange, partage.
Il y en a foule, de belles personnes, malgré tout. Pourquoi ceux qui sont censés être nos représentants ne les portent-ils pas, ces valeurs-là, pourtant tellement communes s’aperçoit-on pour peu que l’on ouvre les yeux ? Pourquoi n’en font-ils pas le terreau, le ferment de la république ?

Bonheur, échange, partage.
C’était hier soir aux Bains-Douches de Lignières (encore), décidément un lieu qui offre plus que de la musique de qualité : un esprit. Cela m’émeut immanquablement, cette convivialité franche et simple, cette ouverture aux autres, cette passion qui animent l’équipe, Annie et Jean-Claude Marchet en tête. Tu viens voir un concert et tu te retrouves à deux heures du matin, avec un verre de Vouvray en main, en train de ricaner avec Jeanne Garraud (la plus Tim Burton des chanteuses françaises) et ses deux acolytes, de causer technique avec l’ingé-son de Cyril Mokaiesh en fumant sur la terrasse, de discuter avec l’artiste himself de son match à Roland-Garros contre Robin Söderling (« j’en avais pris une bonne », avoue le grand jeunebranleuriste).
Un peu auparavant, je suis tombé dans les bras de Rico, batteur du groupe, rencontré voici une quinzaine d’années alors que je m’occupais chez Mercury du trio rock dans lequel il officiait à l’époque, Cox.
Un peu plus tard, une jeune femme m’interpellera : « Tu n’es pas le Erwan qui travaillait avec Fou ? » Nom de Dieu… Là on remonte vraiment loin dans le temps, la Sangria à Saint-Pourçain sur Sioule, le repaire de Coco, autre lieu au grand cœur et aux bonnes vibrations.
Michèle et ses culinaires complices ont fait de divins gâteaux, ça parle politique dans un petit groupe à ma droite, Annie me raconte sa rencontre vingt-cinq ans auparavant avec Nancy Huston (qui va venir jouer son spectacle à Lignières début juin), son amitié avec Dany Laferrière, on se promet d’écouter les disques des uns, de lire les livres des autres, de rester en contact, ça se fera ou pas, qu’importe !, tout le monde est heureux, uni par cet indicible, cet invisible…
… bonheur, échange, partage, peut-être ?
Ça ne coûte pas un rond et ça enrichit tellement.
C’est tellement simple qu’on se demande parfois pourquoi personne n’a songé à le mettre dans son programme présidentiel.
Ah si, il y en aurait bien un… Mais aujourd’hui, on n’en parlera pas, promis.

PS : Cyril Mokaiesh, il a tout. Beau, charismatique, talentueux, intense, vrai. Lui, si les petits cochons ne le mangent pas…

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